mercredi 21 avril 2010
mercredi 24 mars 2010
Vis ma vie de doc-hebdormadaire part. 4
Cette journée-type d'un pauvre hère accessoirement documentaliste est extrêmement chargée en situations ubuesques de la part de la fameuse 6ème Flaubert, devenue rapidement le mètre-étalon de la pédagogie par l'absurde et le doute.
Revoilà donc mes lascars, accompagnés cette fois-ci de leur professeur d'histoire-géographie. Avec une tâche qui ma paraît méchamment ardue : appréhender les coordonnées terrestres (latitude et longitude) sur des atlas et cartes géographiques.
Un élève par table, un atlas par élève, une fiche par atlas.
Les ennuis commencent vite : "cé koi ces trucs ?", "m'sieu je comprends rien aux dessins", "adda, le pays qu'y a dessiné sur le livre, on dirait ta reum"...
Mais, n'écoutant que mon courage et ma foi en la pédagogie par l'erreur, je tâtonne, j'empirise grave et au bout de trente longues mais bienfaitrices minutes, les élèves - ô miracle ! - semblent avoir compris comment calculer les coordonnées de lieux et arrivent à peu près à les retrouver, les replacer, les évaluer.
On passe direct à la section "jeux" : on trouve des capitales suivant les calculs proposés. Ca se passe à peu près correctement, les élèves les trouvent relativement vite (la carotte et l'appât d'un gain fictif les motivent, c'est un fait qu'aucun prof ne peut nier) jusqu'à ce que Ottawan lève le doigt : "M'sieu, j'ai pas trouvé Pékin.
- ben, recalcule, lis bien les coordonnées.
- ben je truque bien le calcul, mais y'a pas marqué Pékin, y'a marqué "Béjingue".
- Ah...oui, ok, je comprends. En fait ton atlas a écrit "Pékin" en langue chinoise.
- MMMMMaaaaaaa...il est chinois, le livre ?
Et, bon gré mal gré, je me lance dans une explication avec moults exemples sur l'écriture chinoise en signes, leur traduction alphabétique du mandarin, et les variations adaptées pour la langue française.
Soit Pékin -> beijing -> le signe avec plein de traits, de lignes, et de carrés (que je trace sur une feuille).
L'assistance est sous le choc. "Eh mais monsieur, vous savez écrire le chinois ?
- Euhhh, un petit peu, je suis déjà allé en Chine pour voyager, j'ai appris quelques signes, oui... mais bon, je sais pas quand même parfaitement...
- Et vous savez écrire les prénoms comme les chinois qui sont au marché ?
Ouh là. Pied qui effleure les sables mouvants. Que dois-je dire ou faire ? En même temps, je réfléchis à l'idée qu'on va vers du grand n'importe quoi qui pourrait alimenter à nouveau ce bloc déjà bien chargé bien que peu alimenté ces temps-ci. Donc, le cynisme aidant, je me lance avec sourire :
- ben pas vraiment, mais ceci dit ce n'est pas très dur. Les signes expriment des sens, des images qui se complètent, comme vos prénoms, en arabe, ça signifie des choses, il suffit ensuite de les dessiner et les coller ensemble.
- OUUUUAHHHH.....TROP FOY ! hurle la moitié de la classe, l'autre étant dans une pièce accolée d'où sort leur prof : "tout se passe bien ?"
- Super...ils viennent de découvrir que Pékin se disait Beijing !
- Ah d'accord..., répond leur prof en fermant la porte, légèrement dubitative.
Retour aux affaires, je vais faire payer mes oeuvres, 2 € ton prénom en chinetoque sur un poster feuille double format A4.
- Eh m'sieu, vous pouvez écrire mon prénom Adda ?
- Oui, Adda. ça veut dire quoi Adda en arabe ?
- j'en sais rien.
- Bon, on va dire que ça veut dire "sage du désert"...
Je ris intérieurement. Je suis le seul.
Et vas-y que je trace trois ondulations qui ressemblent à des dunes resserrées auquel je rajoute trois points et un carré. "là, tu vois ce sont les lignes d'un désert avec les formes géométriques de la sagesse tels que Bouddha les a imaginées". Ils m'écoutent à peine débiter des conneries au kilomètre, ils sont scotchés sur les papiers où je griffonne leurs faux prénoms. Manquent plus que les feuilles de riz, l'encre de chine et le thé au jasmin.
"Franchement, m'sieu, c'est trop beau, franchement, c'est trop beau...vous êtes un nasdé, m'sieu. Vous devriez venir au marché le dimanche pour faire ça, vous gagnerez bien votre vie, whala.
-Mais j'y ai songé, Dalida, j'y ai songé...mais j'étais pas assez chinois, tu comprends...
- Sérieux ? Pourquoi ils vous ont pas gardé ?
- Ben...devine...." conclus-je en lui montrant ma tête...
Houpa-Lumpa sort alors des nimbes de la passivité aigüe.
"Et moi ? Vous pouvez ?
- Oui, je pense que c'est faisable.
- En plus, je sais ce que ça veut dire, mon nom. "Femme qui vient du Ciel".
- Alors, là, c'est facile.
Et je lui fais une femme tel qu'un môme de 4 ans dessinerait sa mère : deux traits pour les bras, une robe triangulaire, et deux traits verticaux pour des jambes anorexiques. Auquel je place un long trait au-dessus pour les cieux, et des semblants de flèches descendantes sur le schéma féminin. Et là, je me dis qu'ils vont comprendre que je me fous gentiment de leur poire. Comme d'habitude, je me plante. Ils sont on ne peut plus sérieux.
"C'est un truc de malade comme c'est bien fait, franchement, m'sieu, trop beau..."
Et là, je continue sur ma lancée, le spectacle est trop délicieux.
"Et quand tu dis ton prénom en chinois, ça donne "Tsin Wang Fou Glin" que je susurre - à prononcer avec ce petit accent pas du tout cliché qu'utilisait Michel Leeb dans ses sketches.
Et c'est l'émeute. "Ouah, m'sieu, vous parlez chinois ? Vazy, vazy, disez mon prénom pour voir..."
- Tchou fan Ping.
- MMMMMAAAAAAAA....tchou fan Ping, sérieux ? c'est encore plus beau que Dalida.
- oui, si tu veux...
Mais je le vois bien, ce petit regard inquisiteur de Houpa-Lumpa, je le vois bien. Je crois surtout qu'elle a capté la supercherie. Elle me regarde droit dans les yeux, elle me fixe longtemps, très longtemps, et je lui lance au bout du compte :
"Enfin une qui a compris...
- oui, monsieur, ça y est, je sais votre secret...
- enfin ! vas-y, Houpa-Lumpa, fais-en profiter la classe. Ecoutez tous votre camarade, s'il vous plaît".
Et, là, la meuf qui descend du sky, d'un ton solennel :
- Je sais, j'ai compris...VOUS êtes chinois !
Malentendu. Total.
-Mais, enfin, Houmpa-Lumpa...je suis Chinois ?
- Ben ouais !
Et elle tend son doigt vers ma face et s'écrie pour les autres :
- Mais regardez ses yeux !
Et la classe s'approche et me dévisage :
"ah mais ouais, carrément...le prof c'est un Chinois, en fait !"
Je le savais. Je savais que mon opération de débridage des yeux avait foiré.
Nijao, les aminches, je repars préparer du porc au caramel et je vous dis à très vite.
mercredi 30 décembre 2009
Mon top albums 2009
Restons donc traditionnels, voici mon palmarès de fin d'année, aussi éclectique que ce que j'ai pu écouter cette année - et d'ores et déjà, désolé pour les absents que j'ai souvent pas eu le temps de découvrir, 2010 en sera l'occasion.
-> La playlist à gauche (couleur Sahara fin de soirée) est composée des meilleurs morceaux de mes albums favoris de 2009. Savourez...
numéro 10
numéro 9
Quoi ? Du tango en 2009 ? Mais oui, ma bonne dame, et du tango qui vous met la chair de poule, du tango qui vous chavire et fait couler des larmes...côté musiques du monde, y'a beaucoup de chanteuses qui arrivent de leur voix sensuelle et rauque à vous émouvoir et à vous anéantir (Lhasa, par exemple, autre bel album de cette année), mais cette fois-ci, la charmante espagnole-gitane d'origine guinéenne s'est accointée avec le pianiste cubain Chuco valdes, qu'on avait vu traîner avec les seniors du Buena Vista Social Club, et la rencontre s'avère magique, pleine d'intensité. Remarquable.
numéro 8
Et ça recommence. Difficile de se défaire d'un tel choc vocal. Quelques années déjà qu'Antonhy et ses Johnsons m'ont fait frissoner avec l'album "I am a bird now" dont j'ai déjà parlé sur ce blog. Et si ce nouvel essai, sobre et à la limite du glauque n'est pas à sa hauteur, il reste néanmoins un magnifique écrin sur lequel le chanteur androgyne peut chanter son mal-être et son désespoir. C'est sûr qu'on est très loin du "petit bonhomme en mousse" de Patrick Sébastien, c'est sûr qu'il faut s'accrocher à l'écoute de ce douloureux mais bel album âpre et rigoureux et tendu, mais pour ceux qui iront jusqu'au bout, quelle gracieuse récompense.
numéro 7
La musique actuelle n'est affaire que de séparations puis de connivences. Combien de groupes ont splitté et ont vu leurs membres soit démarrer des projets solo, soit s'unir avec d'autres membres de groupe pour un nouveau projet ? Atlas Sound est de ceux-là, unissant Bradford Cox, chanteur de Deerhunter, avec pas mal de people issu de groupes indés actuels (notamment des gars de Panda Bear et Animal Collective). Le résultat est génial, mix savant de plein de sonorités pop élégantes et élégiaques, bande-son étrange d'un automne 2009 qui hésite entre été indien et petites gelées matinales. La classe, un peu l'inverse de la pochette, nous montrant frontalement la maladie incurable (et innomable tant c'est compliqué) du chanteur...
numéro 6
(titres en écoute sur www.myspace.com/fairgusontheband )
numéro 5
En effet, cette riche collaboration, non contente d’aligner un mixage de sons dansables venus de la Terre entière mais qui se retrouvent tous à Kingston, s’offre en plus des relations extra-conjugales avec des people plus ou moins fréquentables : Santigold qui affole les gambettes, Mr Vegas et son dancehall mainstream, Ms. Thing ou Prince Zimboo, stars des soundsystems de l’île reggae ou de Londres. On assiste donc à une partouze sonore effrénée sur lequel il est difficile de rester de marbre. Les puristes du son roots risquent d’être agacés, mais les moins réfractaires prendront l’expérience pour ce qu’elle est : un efficace tabassage en règle des genres musicaux, pour le seul plaisir des sens et des corps.
Alors certes, le disque ne brille pas par son épure, pas mal de passages restent bien putassiers (Keep It Goin’ Louder), d’autres s’éloignent franchement du son de Kingston (Anything goes), mais pour le reste, c’est dancehall brillant à tous les étages et de la grosse sudation en prévision (dub imparable sur Can’t stop now, groove secouant de Mary Jane, le single génial Hold the Line). Guns don’t kill people, Lazers do ne passera certainement pas l’hiver, mais est-ce ce qu’on lui demande ? Non, on lui exige de nous faire bouger les fesses, lever les bras en l’air, relever les jupes et déboutonner les pantalons, et le défi est largement relevé. Accouplé au disque-bombe des Buraka Som Sistema, Major Lazer prédit bien plus sûrement qu’Evelyne Dhéliat : l’été 2009 a été très très chaud !
------------------------------------------numéro 4
Même s'il ne s'appelle plus Smog, Callahan a gardé sa voix caverneuse, ses mélodies mélancoliques, et ses compositions classieuses. Nouvel opus, même formule - en mieux : "sometimes I wish we were an eagle" est une splendeur, encore une, concocté par le grand bill. A l'image de "Jim Cain" en écoute sur la playlist ci-contre, ce sont neuf morceaux beaux et longs qui composent cet émouvant album, où Callahan n'a jamais aussi bien chanté, convoquant l'esprit des plus grands anti- et alter-folkeux. Du grand art, plebiscité un peu partout, à juste titre.
------------------------------------------numéro 3
Bashung ayant tiré la révérence, il ne reste plus grand monde dans la chanson française de qualité, voire exigeante. Il ne reste même plus que lui : Dominique Ané. Et au lieu de s'enliser dans le songwriting intime et étincelant de "l'horizon" paru en 2006, il préfère les risques muiscaux, s'autorisant ici à composer les meilleurs morceaux de son oeuvre et le passer à la moulinette synthé années 80 qui avaient fait son particularisme pour ses premiers albums. Une sorte de boucle bouclée pour la voix la plus singulière du paysage musical hexagonal, avec en plus cette volonté ambitieuse de défricher plus loin encore les sons pop du 21ème siècle, oser la modernité tout en conservant une écriture traditionnelle mais pas conventionnelle non plus. De la variété de qualité supérieure, du rock déformé, du post-rock à la française, de la pop triturée : Dominique A va encore plus loin, toujours plus fort, et n'en finit plus de nous épater. Bravissimo.
Califone a sorti 9 albums en 10 ans. Vous ne les connaissez pas ? Pour ma part, je viens juste de les découvrir VRAIMENT. Jamais apporté une oreille très attentive à leur folk parfois abrasif, parfois chiant. Mais là, comment dire ? La révélation s'est faite, simple et évidente. Califone vient probablement de réaliser leur chef-d'oeuvre, du moins le disque qui pourrait enfin les consacrer à leur juste valeur. Tendu et original, "Tous mes amis sont des chanteurs d'enterrement" n'invite évidemment pas à se secouer les fesses sur un dancefloor, mais plutôt à se poser devant l'infini et à méditer sur son triste sort. Autre originalité : ce disque est le temple de la corde. Qu'elle soit pincée sur des violons exsangues, grattée sur des guitares tantôt acoustiques tantôt furieusement électriques, les instruments sont l'acteur principal sur lequel se greffe parfois des voix plaintives et qui donnent le mince fil rouge des intrigues mélodiques. Point d'orgue de ce laboratoire musical exemplaire, "Funeral singers", single évident, démontre le talent de ces Américains qui deviendront, je l'ordonne, enfin célèbres.
numéro 1
Somptueux.
Pas la peine de s’éterniser sur un disque qui semble, lui, promis à l’éternité : le dernier Richard Hawley est peut-être LE disque que j’attendais impatiemment depuis cette année. Un disque à la fois simple et grandiose, touchant et audacieux, d’une classe folle mais aussi beau à pleurer. Truelove’s gutter condense tout cela à merveille, et place enfin Hawley parmi les musiciens et chanteurs anglais incontournables.
Dès le premier morceau, sa voix de crooner dandy mais fatigué, semble sortir de limbes sonores, des nappes de synthés douces et mélancoliques. Il nous caresse dès le début, affole nos sens qui se perdent dans l’émotion franche de Open up your door, chanson presque conventionnelle et déjà entendue si ne s’y mêlaient pas une orchestration aux petits oignons, avec montée en puissance déchirante et parfaite. Déjà, Mister Hawley côtoie Elvis, Scott Walker et Sinatra. Mais ce sont aussi Roy Orbison ou même Willie Nelson et Tim Hardin qui semblent des présences fantômes sur le troisième et splendide Ashes on the fire.
Je peux continuer tout l’album ainsi tant tout est majestueux, sans fausse note, parfait, de la première à la dernière note (le final Don’t you cry de plus de dix minutes, tout aussi grandiose que les autres titres). L’ex-guitariste de Pulp a peut-être enfin atteint le climax de son oeuvre, dans ce « caniveau du véritable amour », à la fois sombre et délicat, à l’instar de la pochette, où son visage dans l’obscurité offre une légère lueur sur la crête de son profil. Dans les huit titres qui composent ce chef-d’oeuvre, sous la noirceur des propos et la lenteur magnifique des morceaux qui s’offrent patiemment, on trouve toujours la trouée d’échappement, le souffle d’air chaud, le hublot coloré qui évite à l’ensemble de tomber dans l’ennui ou le morbide. La classe, tout simplement.
« Si la musique ne te donne pas l’envie de baiser, de boire, de danser, de pleurer, c’est de la merde.«
Holy Richard. Il donnerait presque envie de croire en Dieu. Et pour cause : sa musique côtoie enfin et pour longtemps les cieux.
et vous, vos albums de l'année ???
mercredi 18 novembre 2009
Vis ma vie de doc-hebdromadaire ! part.3
Je me remets à peine de l'épisode "père Noël de chez Leclerc" désormais culte dans mon panthéon personnel que la moitié de la classe des 3ème Ebahi débarque au C.D.I., leur prof de SVT étant absente. L'autre moitié, sage et réfléchie, a préféré quitter le collège un peu plus tôt.
Etrangement calmes, les 3èmes s'installent sur les tables de travail, sortent feuilles et stylos, et donnent l'air de se concentrer.
Ils travaillent.
Non...
Je n'en crois pas mes yeux.
Je m'approche.
Ils tracent des colonnes sur une feuille format paysage.
Sud-Amen me toise soudain et lance, triomphant :
"Non mais c'est pask'on va faire un bakaloréa !
- Wesh, renchérit Housseouate.
Wesh, effectivement.
Je comprends mieux, légère déception quand même, moi qui pensais qu'ils se mettraient à bosser. Mais non, "essayez déjà d'avoir votre brevet avant de vous coller au bac" pense-je cyniquement, comme le vilain méchant cynique prof pas gentil que je suis. Mais je ne dis rien.
"Soit. Je veux pas de bruit par contre, y'en a qui travaillent.
Regards effarés autour d'eux.
- Ah ouais, sérieux ?
- Sérieux."
Je retourne au bureau et cinq minutes se sont même pas écoulées que débute le grand cirque du n'importe quoi.
"Vas-y, réfléchis dans ta tête pour dire une lettre, vas-y"
Adrisso hoche la tête en comptant ses lettres, genre cinq hochements exagérés signifient que j'en suis à la lettre E...
- STOP ! gueule Housseouate.
- Chut ! ose-je.
- Non mais c'est important que je le dise fort, m'sieu, sinon il réfléchit trop quand il compte et il m'entend pas !"
- L, annonce fièrement Adrisso qui menace déjà d'une surchauffe du cerveau.
- TTOOOOPPPPP ! gueule Housseouaute, probablement parce que les candidats réfléchissent déjà trop pour l'entendre démarrer la compète....
Et voilà les 4 lascars, silencieux comme jamais, en train de remplir les grilles. Les thèmes n'ont pas changé depuis le temps où je jouais moi-même : prénoms, ville ou pays, film, fruit/légume, personnage historique (ouch, c'est précis), métier,...à noter que la colonne "art et littérature" a rapidement été supprimée car jamais remplie...
Autant faire du raccourci sinon y'en a pour 25 pages, mais ce fut une heure de fou rire mêlé de consternation, une heure de réponses toutes plus hallucinantes les unes que les autres.
J'ai découvert des fruits et légumes que je ne connaissais pas : le rublingon, la paffanime, le frésentin, le koupango, probablement des fruits très exotiques ou alors des croisements de légumes génétiquement modifiés...
J'ai découvert également des films dont je n'avais jamais entendu parler : Rudolf ("c'est sur la vie de Rudolf Hitler, m'sieu !"), La Lampe qui brûle, Le blédard en scooter, La cité du justicier, Nique la France, Mary Potter,...
Mais, pour votre plus grand plaisir, je vous livre le top 3 de ce jeu extrêmement divertissant.
numéro 3 :
Le quatuor recherche des métiers en "L".
Adrisso est en mode high spirit level :
- vazy j'ai trouvé "Lumioniste".
Le groupe ne bronche pas.
Tel un maître cappello offusqué, je ne puis laisser passer ça et j'interviens avec un sourire forcé :
- euh...Adrisso...ça n'existe pas "Lumioniste"...hi hi....
Le groupe se retourne, l'air sévère. Silence.
- Ben si ça existe, lance Sud-Amen.
- Euh non... (permettez-moi d'insister), non, je t'assure.
Et Adrisso, renfrogné, confirme, regard genre "mais, t'es con ou quoi ?" :
- Ben Si. Celui qui met les ampoules. pfff...."
numéro 2 :
La dream Team des bacheliers idiots sèche un peu sur les personnages historiques en "R". Sauf Sud-Amen.
" j'ai mis Rambo.
- Ah ouuuaaaaiiiiisssssss merdeeeeeeeeee, soupirent les trois autres.
Le Zorro à la noix qui vous sert de narrateur ose encore une fois troubler l'atmosphère intellectuelle qui régne dans ce jeu.
- alors là tu vois, Sud-Amen, c'est faux : Rambo est un personnage de film, c'est Stallone qui le joue. Tu vois, c'est comme si tu mettais Rocky, c'est faux...
- pffff non mais vous dites n'imp', m'sieu, franchement, vous fâchez pas, mais vous dites n'imp'. Rocky, c'est pas un personnage historique, alors que Rambo oui.
- Mais non enfin, c'est toi qui dit n'importe quoi, Rambo, Rocky, c'est pareil, ce sont pas des pers....
- Est-ce que Rocky il a fait la guerre ???? NON ! Et Rambo, OUI !!! Donc j'ai bon !
Là, je suis obligé de remettre mon épée dans son fourreau, de jeter mon masque à la poubelle, et de me retirer à petits pas de loup...s'incliner face à l'adversité, savoir rendre les armes, comprendre que l'on ne pourra rien y changer. Ecrasante défaite.
Et enfin, ta ta ta ta ta ta (sur l'air de star Wars ou Indiana Jones ou ce que vous voulez qui fait spectaculaire), le Numbeur Ouane....
Dzéjébel, le quatrième larron qu'on avait pas encore trop entendu. Métier en "P" :
- pute.
Les trois Zorros se révoltent :
-Eh mais vazy c'est pas un métier, ça, vazy t'as faux c'est pas un métier, maaaaa...
Djézébel, serein et détendu, se tourne alors vers moi qui, pour une fois, ne m'était pas manifesté :
- M'sieu, pute, c'est un métier, non ?
Aïe. Ze tuile. Que répondre ? Dans ce cas là, je me dis toujours, autant la jouer honnête.
- Bon....alors...oui, en fait, Djézébel n'a pas vraiment tort. Disons que une prostituée (c'est mieux, comme terme, moins insulant et vulgaire que ce que tu as dit, Djézébel, d'accord ?), du moment qu'elle se fait payer, on peut dire qu'elle exerce un métier...mais c'est compliqué quand même, c'est pas un VRAI métier, dans le sens noble du terme, voyez...en même temps, y'a une expression qui dit que c'est le plus vieux métier du monde, donc bon...."
Et j'ai devant moi un drôle de spectacle : Djézébel triomphant, le sourire aux lèvres, Housseouate et Adrisso yeux exorbités bouche ouverte, complètement abasourdis par ce que je viens de balancer, et surtout, surtout, Sud-Amen qui se met à barrer frénétiquement sa feuille et qui se met à râler : "et voilà, vazy c'est bon, j'en ai marre, vazy p'tain je le savais...
- Quoi, Sud-Amen ? Calme-toi ! Qu'est-ce que tu savais ?
- Ben, j'savais qu'il fallait pas que j'efface Pédophile ! J'savais que j'aurais juste aussi !"
L'apocalypse aura lieu en 2012, y'en a qui disent. ça va, il ne reste plus que deux ans pour entendre des conneries puissance mille.
12h30. La sonnerie de la pause méridienne retentit, ainsi que celle de mon bide qui crie famine.
Direction la cantoche, plutôt bonne en général, en compagnie de mes collègues. Sauf aujourd'hui, c'est ce putain de chili con carne industriel qui me donne des relents d'haricots à l'oignon toute l'aprem. Mais heureusement, c'est surtout le moment de bien décompresser, de se lâcher, de bien se marrer...c'est en effet une des rares cantines scolaires où on parle autant de tout et de rien, pas mal de cul et très peu des élèves. Eh oui, les profs ne parlent pas TOUT LE TEMPS des élèves et des copies, Bahutland en est témoin. Même si le chili con carne ne passe pas méga bien, la pause méridienne, elle, fait toujours un bien fou.
13h50.
Reprise des cours. Je pensais n'avoir pas de séquence avec professeur, mais voilà-t-il pas qu'une tête qui ne m'est pas étrangère passe par la porte d'entrée : "hey m'sieu, c'est encore nous qu'on vient !"
Adadasurmonbidé II, le retour. Il revient et il est super content.
Putain, la 6ème Flaubert. Non, pas eux encore, pitié.
Mme Petitpas passe la porte. "Salut ! T'as pas oublié que je venais avec les Flaubert"
Si. Totalement, Inconsciemment oublié.
Mais quand cette journée va-t-elle se terminer....?
(suite au prochain épisode, j'ai des moignons à la place des doigts...)
mercredi 21 octobre 2009
Vis ma vie de Doc-hebdromadaire ! part. 2
Une heure à passer avec ma nouvelle 6ème BriseNoix 2009/2010, la 6ème Flaubert dont je vous parle depuis le début de l'année, et pour cause : c'est en permanence du n'importe quoi majuscule, une classe avec des moteurs de recherche internes défaillants, des Google-victims débarquant d'une autre planète.
J'attaque par la face Nord d'un pic extrêmement osé en ce début d'année : une revue de presse...
Les Flaubert ont sous les yeux un quotidien à feuilleter, lire par bribes et commenter. Toutes les photos sont commentées avec force "mmmahhhh....", "mate le gadji, c'est trop foy.....", "m'sieu, comment les gens ils arrivent à pas mourir dans les flammes des bombes"....je préfère pas faire de commentaires, car primo j'ai pas le temps, deuzio cela ne va pas servir à grand chose de les reprendre là-dessus, laissons tout cela mûrir, tertio c'est le meilleur moyen de laisser arriver les perles ! et une pour démarrer - les élèves ont compris qu'un "quotidien" est un journal qui paraît tous les jours. "et un journal qui paraît toutes les semaines...?" ose-je, en rajoutant, grossière erreur, "pensez au cousin du chameau..." et là, les réponses fusent "chamelien, chamélique, chaumélien..." puis "dromadure, drominien....". je cède "non, hebdomadaire". Et là une petite voix "ah ben, vous aussi, vous êtes un hebdromadaire, on vous a tous les jeudi !"
Voilà. désormais, je suis un Doc-Hebdromadaire.
10h45.
Grand fou que je suis, je leur demande de choisir le sujet qui semble a priori les intéresser dans le journal qu'ils ont entre les mains. Des deux sujets préférés (la grippe H1N1 et les plus grands pays musulmans), c'est le dernier qui l'emporte d'une courte main levée. Aïe aïe aie...
Je le sens.
Je sens que, forcément, les ennuis vont démarrer, vu le sujet chaud bouillant et les élèves à moitié demeurés (désolé d'être aussi brutal mais il faut parfois se rendre à l'évidence...). Mais je ne m'attendais pas à ce genre de délire...
Devant une carte représentant les pays qui comptent le plus de musulmans pratiquants, Ottawan lâche : "mais m'sieu, elle est faute, cette carte (oui, vous lisez bien, il a pas dit "fausse" mais "faute"). C'est dans tous les pays qu'il y a des musulmans, parce que Allah il est partout, Allah il est vivant dans tous les pays, on le voit pas mais on sait qu'il est là, Allah, il existe partout".
Re-aïe, sujet glissant, j'allais préparer mes patins pour évoluer en triple axels et double salto tel le roi de la glace quand Addadasurmonbidé me coupe net dans mon double saut périlleux :
"ouais, Allah, c'est comme le père Noël !"
Je me tourne vers Addasurmonbidé, l'air concerné, sourcils froncés. Bon, il a pas l'air de plaisanter, pour une fois. "Je comprends pas, jeune homme...quel est le rapport entre le père Noël et Allah ?
- Ben ils sont partout !
- Oui, enfin, le père Noël, on peut pas dire quand même qu'il existe comme Allah..."
Erreur, grave erreur...
"Ben si, il existe, le père Noël !
- Ben ouais, surenchérit Dalida, c'est comme la petite souris !
- Non, c'est pas pareil, intervient Géronimo, le père Noël il habite à Leclerc !"
Bienvenue dans la quatrième dimension.
Je suis vraiment fatigué, et là, je sens que je perds pied, mais qu'en même temps, je vais vivre un grand moment. Entre temps, monsieur Vichicélestin, descendu chez les CPE avec des élèves qui erraient dans le couloir, est juste derrière la porte, presque caché, et en train de se plier de rire. Moi, je ne ris pas, je n'y arrive pas, l'hallucination totale l'emporte sur la moquerie. Et surtout, surtout, je n'ose penser que ce que je crois est vrai...(en voilà une phrase qu'elle est bien moche mais que je ne sais pas comment le dire autrement !!)
Je les stoppe dans leurs discussions dignes d'un hopital psy :
"attendez...attendez là...on va faire un sondage"
Ils A-DO-RENT les sondages.
"Qui pense que le père Noël existe, à Leclerc ou ailleurs ?"
Et là l'impensable se produit : la moitié des doigts se lèvent, même pas avec hésitation.
Consterné, je suis. Tout comme Ottawan. Il fait glisser le sondage vers le débat argumenté.
"Hé mais vous dites n'importe quoi. Il existe même pas le père Noël, celui du Leclerc il est faux, c'est papa et maman qui mettent les cadeaux dans le sapin, vous êtes fous, vous".
Le pauvre se prend une avoinée de "ouuuhhhh", "tais-toi", "tu dis n'imp'"....la bronca pour Ottawan, limite seul contre tous.
Houmpa-Loumpa se fait l'avocate de la défense (si j'étais présumé coupable, même gratos, je la voudrais pas pour me défendre, la Houmpa-Loumpa) et se lève, fiérote, déclamant de sa plus haute voix de crécelle comme un orateur romain : "Moi, je sais, je l'ai VU, le père Noël, VU avec mes yeux ! Il était à Leclerc, même que son traîneau, ils le gardent dans les congélos de Leclerc et ils le dégèlent pour Noël pour qu'il distribue les cadeaux !"
Je suis entre la jouissance de vivre un grand moment de pédagogie différenciée et d'acculturation optimale, et la consternation totale qui m'abasourdit un peu et m'enlève le courage de gueuler. Je continue donc sur la lancée, je fais fi de ma déontologie professionnelle, allons-y gaiement !
"Ok, tu l'as donc VU, mais est-ce que tu lui as PARLE ?
Pas de réponse. Le débat va peut-être d'un coup être avorté.
Mais c'est sans compter sur Cassandre qui n'avait pas encore réagi. Je me dis, avec le recul, qu'elle préparait son entrée fracassante...jugez plutôt :
"Moi, m'sieu, je lui ai PARLE. Tu fais le 36 30 sur ton téléphone, et tu lui parles au père Noël. Il m'a dit que si je me portais bien, j'aurais la Nintendo DS à Noël. Juré."
Je vous jure à mon tour (car je sais que pas mal de personnes parmi vous pensent que je fabule, que j'en rajoute - ce qui est souvent vrai dans les discussions de tous les jours) que tout est vrai, et même là, je me contente du minimum. Juré.
Je suis semi-décomposé, les mômes qui s'en foutent débattent entre eux sur ce sujet brûlant, Vichicélestin qui est toujours derrière la porte, avec probablement une flaque sous ses pieds depuis le temps qu'il se bidonne, et moi qui tente de faire un bilan de ce débat surnaturel.
"Je RECAPITULE" - silence de mort, genre "on va voir si le prof il a enfin capté que le père Noël il existe".
"Donc, le père Noël habite au Leclerc de Perpignan Nord, son traîneau est stocké dans les congélateurs du magasin, son numéro de téléphone est le 3630 et il est partout comme Allah et la petite souris".
"VVVOOOIIIIILLLLLAAAAAAAA" clame la moitié de la classe, sous l'oeil désapprobateur de Ottawan, l'oeil moqueur de Youssouf, l'oeil torve de Houmpa Loumpa, et l'oeil circonspect de Dayana qui dit très doucement "moi je pense qu'il existe, mais je veux le voir avant". Presque logique, Miss Dayana.
Et j'ose l'ultime question qui tue.
"Mais je comprends pas bien : comment ce père Noël peut être à la fois à Perpignan, à Paris ou même à New York pour distribuer les cadeaux aux enfants ? Comment c'est possible ?
Et là, impassible et le regard méprisant, Dalida :
"pffff...ben le traîneau, M'sieu".
Ah ben oui ! Suis-je con.
Je pense que si j'étais en train de creuser ma tombe de suicidaire, je serais déjà au fond. Je n'en reviens toujours pas. La 6ème Flaubert, des mômes de 12-14 ans, résidents de cités violentes et bien ancrés dans un quotidien dur, croient encore au père Noël. Allez leur parler ensuite des médias en crise, des conditions difficiles des photo-reporters, ou de l'esprit critique face à la masse d'infos dont nous sommes abreuvés. Allez-y, risquez-vous...
La sonnerie retentit. Ils se ruent dans le couloir la tête farcie de grosses conneries, mais avec quand même une grande partie de rêve, ne leur enlevons pas ça...
et ça me fait penser que je suis même pas revenu sur le cas de la petite souris.
Petite souris / Allah / Papa Noël : même combat.
11h25. Besoin de faire une pause..(suite au prochain billet)
mercredi 14 octobre 2009
Vis ma Vie de Doc-hebdomadaire ! part. 1
8h15.
Le long couloir s'éclaire peu à peu, j'ai encore pas mal de mètres à parcourir avant d'atteindre le C.D.I. mais je vois et j'entends déjà un petit bonhomme marteler sur la porte en continu. Des "toc, toc, toc" interminables, l'élève de dos ne change pas de posture, ça ferait deux heures qu'il frappe ainsi que je n'en serais pas étonné. je m'approche doucement, pas encore super réveillé, et je lui dis doucement "bonjour..."
- AAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !"
Un bond en arrière terrible, il se fracasse contre la porte qui a déjà reçu pas mal de coups, un peu terrorisé. Pour ma part, ça y est, je suis bien réveillé. L'élève reprend peu à peu son souffle :
- Qu'est-ce que vous faites là, m'sieu ?
Soufflé que je suis, à mon tour.
- Ben euh...comment dire...j'arrive.
- Mais d'où ?
- Ben euh (bis...)...de chez moi, de ma maison...
Il se retourne et pointe le doigt vers la porte du C.D.I.
- Mais...vous habitez pas là ?
Pincez-moi, je dors, là. Je m'imagine subitement avec un lit-baquette au C.D.I., dans la réserve, avec mes plateaux-repas froids de l'armée le soir, m'endormir en lisant un des 10000 bouquins du C.D.I. à la lumière des néons, et me réveiller le lendemain courbaturé, me faisant un petit sachet Nespresso granules en attendant l'arrivée des élèves...Chienne de vie.
- Ben euh...(ter...)...non, Biloute, je vis pas ici, j'y travaille, c'est tout. J'ai une vraie maison, loin du collège.
- Ah...
Je suis un briseur de rêves...et je me soigne. Le môme s'éloigne un peu contrarié mais surtout super surpris, et il ajoute :
- C'est nul pour vous ! Je suis sûr que votre maison elle est moins bien, y'a moins de livres et de nordinateurs !"
C'est pas faux, c'est pas faux...
9h20.
Je pars récupérer les élèves déjà en étude et qui veulent venir au CDI. Terry, un surveillant, me prévient : "y'a deux classes en étude, deux profs absents. Ils sont en surchauffe."
Bon, je m'approche doucement de la fournaise, à peine entre-je dans la salle d'étude que j'entends :
"aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh..."
manquent plus que des bras levés et on se croirait à l'entrée des équipes de foot au Stade de France pour une finale de Ligue 1.
Passée cette Ola brouillonne, je lance un "bonjour, qui vient au CDI ?" et une forêt de mains est offerte à mon regard inquiet. Plus de 25 élèves = plus de gueulantes à pousser dans quelques minutes. Mais je me décide, bon seigneur, à alléger l'étude qui me paraît à bloc et 25 élèves me suivent comme une nuée de criquets.
15 minutes après avoir rangé les sacs dans les casiers, récupéré leurs carnets de correspondance et leur avoir rappelé le règlement du lieu (en gros, tu bosses ou tu lis et surtout tu la fermes pour le respect de tous), la nuée de nuisibles prend place, les uns devant les ordis, les autres sur les fauteuils moelleux de l'espace lecture, quelques rares studieux sur les tables de travail.
L'heure va se passer à peu près calmement, une seule perturbatrice foutue à la porte 5 minutes pour se calmer un peu (les animaux moches, ça la fait rire, elle tient plus). J'ai à peu près de la chance, une heure quasi normale, je peux avancer sur les compte-rendus de projets demandés par ma hiérarchie.
10h15. La récré.
Pendant que des mômes courent dans les couloirs, échappant aux surveillants comme aux remarques de profs, ces derniers se réunissent pour un quart d'heure autour de la machine à café, de la photocopieuse, de la poubelle à clopes dans l'espace fumeur à l'extérieur. ça gueule, ça rigole, ça se consterne, ça hallucine, ça s'énerve, ça se fatigue déjà même si la journée a à peine commencée, de vrais ados. Je bouffe deux pépitos en sirotant un café noir de chez noir, on déconne avec trois collègues, la soupape de sécurité dure 10 minutes, mais elles sont précieuses.
10h30.
Le père Noël va bientôt débarquer -> suite au prochain billet...
mardi 13 octobre 2009
The Perle du jour...
"Aujourd'hui, vous aurez quelques problèmes domestiques..."
Elle se retourne vers moi :
"M'sieu, vous avez des problèmes avec vot' chien ??"
Autre perle, musicale cette fois :
mercredi 30 septembre 2009
Pov' mômes...
vendredi 25 septembre 2009
Fa-ti-gué...
Et, last but not least, ces deux artistes sont français !
Bon week-end !
samedi 19 septembre 2009
Du single génial au morceau niais, y'a qu'un pas...
De l'autre côté, une jeune blondinette annône d'une voix plutôt crispante (lire "nasillarde") des mélodies souffreuteuses empruntées à la Carla Bruni (sans voix suave), avec paroles insignifiantes et piano easy-listening de rigueur. mais très entêtant aussi - dans le mauvais sens du terme.
Ma question : peut-on aimer ces deux succès à la fois ??
mercredi 16 septembre 2009
Des tripes, du sang, des larmes...et des morts qui dansent.
vendredi 3 juillet 2009
lundi 11 mai 2009
Je sommes Immortels...
dimanche 12 avril 2009
RE-POS
samedi 21 mars 2009
J'ai fait l'amour, j'ai fait le mort
" A perte de vue des lacs gelés
qu'un jour j'ai juré d'enjamber
à perte de vue, des défilés,
Des filles à lever, des défis à relever,
Eviter les péages, jamais souffrir,
juste faire hennir les chevaux du plaisir...
A perte de vue du déjà vu du déjà vécu,
Volutes partent en fumée, vos luttes font des nuées,
des nuées de scrupules,
Issu de toi, issu de moi,
on s'est hissés sur un piédestal
et du haut de nous deux on a vu
et du haut de nous deux on a vu...
Les petits enfants qui tombent du balcon
toute leur enfance défile sous leurs yeux
Alors ils regardent ce qui se passe autour d'eux
Ils s'échappent, s'envolent devant les fenêtres
Tout est redevenu étrangement calme
ça cache kekchose, je l'entends plus crier mon nom
L'courant peut plus passer, si ça continue
j'vais m'découper suivant les points, les pointillés
Vertige de l'amour
J'ai longé ton corps, épousé ses méandres
je me suis emporté, transporté
par delà les abysses, par dessus les vergers
J'ai fait la cour à des murènes
j'ai fait l'amour, j'ai fait le mort
Eteins une à une les lumières
Reviens, va-t'en..."
Découvrez Alain Bashung!
vendredi 13 mars 2009
Prof de merde !!!
Depuis, je doute : suis-je effectivement un "prof de merde" ? Quel est mon rôle dans ce bahut ? Le joue-je bien ? Ai-je passé déjà onze années de ma vie professionnelle à patauger dans la fange ?
mardi 3 mars 2009
Allo Kookaï, Ici la Terre...
mardi 24 février 2009
Une certaine philosophie de la life...
- Bonjour, monsieur. Tu vas ?"
- Ahhh, c'est fini les femmes, hein, toutes les femmes qui passent, maahh, tu les regardes plus, non ?"
Et pour rester dans le sujet cher à Melchior, afin de ne pas trop regarder les femmes, une bonne claque musicale (97...si loin...) :
http://www.clipzik.com/miossec/la-fidelite.html
jeudi 19 février 2009
mardi 17 février 2009
Retour de chez les ch'tis...
froid, brume, Choulette ambrée, Kirikou, plage de Malo sous la pluie battante, café liégeois place Georges Simenon en terrasse sous soleil voilé, ancien bahut relooké design de la mort, Kwak, décoration Ikéa, rendez-vous manqués, petits requins belges, Orval, Charleroi sous le brouillard, soirées sex & the city, carnavaleux saouls et brebis égarées à Loon-Plage, Saint-Omer sous le givre, cassoulet grand-synthois pas vraiment extraordinaire mais bon quand même, route de Flandres avec saleuse, jardin public glacé, Eperlecques, pièce de théâtre géniale par ma troupe d'antan, nostalgie de la scène, Leffe dorée, Westmalle ambrée, T'choupi en furie, tente de camping dans la chambre nuptiale, Amadeus ambrée, Dunkerque qui n'a pas pris une ride en cinq ans, verrine chèvre/betterave, léger bronzage sur les quais de Liège, nems à s'en péter la panse, Chimay, Sandra, Pierrot, Loulou, Zélie, Eric, Martine, Miléna, Emilie, Fabien, Tritri, Catherine, Vincent, Sarah, Pierre, Maria, Céline, David, Kévin, Cathia, Didier, Manon, Hugo, bon Dieu que ça fait du bien de les revoir (ou les découvrir pour les derniers !)...
A très bientôt...